RENCONTREZ L'ARTISTE
On pourrait employer bien des mots pour décrire Zana Masombuka (alias Ndebele Superhero), et aucun ne suffirait vraiment. La conversation est partie dans toutes les directions, de la meilleure façon possible, glissant entre sa pratique artistique en constante évolution et les histoires et paysages qui continuent de la façonner. Le fait d'avoir grandi à Siyabuswa, au KwaNdebele, entourée des traditions Ndébélés, puis d'avoir déménagé en ville à l'adolescence, a eu un impact profond sur elle. Elle est passée d'un lieu où la culture était profondément ancrée dans la vie quotidienne à un autre où beaucoup de gens tournaient le dos à leurs racines. Son travail revient souvent aux questions de mémoire, d'identité et aux fils qui rattachent les gens à leurs origines. Pour Zana, la nature n'est pas simplement un décor, mais fait partie d'un dialogue continu. Elle a parlé de ses randonnées en montagne — comment le corps résiste d'abord avant de finir par trouver son rythme avec le paysage — et comment c'est souvent à ce moment-là que les idées émergent. Pour elle, créer de l'art n'est pas seulement une question de technique, mais relève aussi profondément du spirituel. Les visions lui viennent en rêve, et elle a souvent le sentiment de porter en elle des histoires venues d'au-delà de son propre héritage. Elle a également décrit le jardin indigène qu'elle a planté avec sa sœur, en ville. Bien que beaucoup pensaient qu'il ne poussa jamais, il a fini par fleurir et devenir un espace communautaire où les gens se réunissaient pour se reconnecter avec des modes de vie plus anciens. Tout le monde était bienvenu pour prendre ce dont il avait besoin, à condition de demander d'abord la permission à la nature. D'une certaine manière, le jardin reflète sa façon d'aborder son travail : prendre soin avec attention, écouter profondément, et rester ouverte et accessible. Zana a également parlé des raisons pour lesquelles certaines communautés Ndébélés se sont éloignées de leur identité, citant les histoires de violence coloniale, de conflits prolongés, de travail forcé et d'exclusion de la société. Son travail résiste avec subtilité à cet effacement. Parler avec Zana, c'était comme voyager entre plusieurs mondes — ancestral et contemporain, perlé et numérique, ordinaire et rêvé — et elle a une remarquable capacité à rendre intimes et vécues des idées si vastes.


